dimanche 31 janvier 2016

Le centre de l’Italie (Italiae umbilicum) est aquatique

Ecoutons attentivement un double témoignage. Il s’agit du propos de Varron de Réate rapporté par Pline l’Ancien : « Dans le territoire de Réate, le lac Cutiliae, où se trouve une île flottante, est le centre de l’Italie, à ce que rapporte M. Varron »[1].
N’oublions pas non plus qu’il s’agit d’une époque dans l’histoire antique où Rome était la capitale du monde : « …Roma, terrarum caput… »[2].


[1] Pline l’Ancien, Histoire naturelle, Livre III, 109, texte établi, traduit et commenté par Hubert Zehnacker, Paris, Société d’édition Les Belles Lettres, 1998, p. 90.
[2] Ibid., Livre III, 38 ; p. 55.

Центърът на Италия (Italiae umbilicum) е воден

Да се вслушаме внимателно в едно двойно свидетелство. Става въпрос за думите на Варон от Реате, съобщени ни от Плиний Стари : « Според сведение, съобщено ни от М. Варон, Кутилийското езеро с плаващия остров, което се намира на територията на Реате, е центърът на Италия »[1].
Да не забравяме също, че става въпрос за епоха в античната история, когато Рим е столицата на света : « Roma, terrarum caput »[2].


[1] Pline l’Ancien, Histoire naturelle, Livre III, 109, texte établi, traduit et commenté par Hubert Zehnacker, Paris, Société d’édition Les Belles Lettres, 1998, p. 90.
[2] Ibid., Livre III, 38 ; p. 55.

jeudi 21 janvier 2016

Le renseignement fourni par Vitruve est à la hauteur de la portée historique, philosophique et religieuse de l’eau dans l’antiquité gréco-romaine

Si la citation de Vitruve a trait à l’invention de la cloche, elle a trait aussi à l’onction des rois.
Autrement dit, si la méthode empirique de recherche de l’eau à l’aide d’un vase de bronze renversé participe à l’élaboration symbolique de la cloche, la cloche, à son tour, participe à l’élaboration et contribue bien à la mise en place du rite de l’onction royale[1].


[1] Marc Bloch, Les Rois thaumaturges. Etude sur le caractère surnaturel attribué à la puissance royale particulièrement en France et en Angleterre, nouvelle édition, préface de Jacques Le Goff, Paris, Gallimard, 1983 [1924], p. 65 : « L’onction apparut, comme nous allons le voir, dans les royaumes barbares au VIIe et au VIIIe siècle. » 

Сведението на Витрувий е на висотата на историческото, философското и религиозното значение на водата в гръко-римската древност

Ако цитатът на Витрувий има отношение към създаването на камбаната, той има отношение и към миропомазването на кралете.
Иначе казано, ако емпиричният метод за търсене на вода с помощта на преобърнат бронзов съд е причастен към символното изработване на камбаната, камбаната на свой ред е причастна към изработването и определено допринася за установяването на обряда на кралското миропомазване[1].


[1] Marc Bloch, Les Rois thaumaturges. Etude sur le caractère surnaturel attribué à la puissance royale particulièrement en France et en Angleterre, nouvelle édition, préface de Jacques Le Goff, Paris, Gallimard, 1983 [1924], p. 65 : « Миропомазването, както скоро ще видим, възниква във варварските кралства през VII и VIII век. » 

dimanche 3 janvier 2016

Les plantes qui indiquent le terrain aquifère

Ayant fait mention de quelques-unes des plantes qui indiquent, en dehors des dépressions qui reçoivent l’eau des pluies, la présence d’eau souterraine telles le roseau, le gattilier, l’aulne et le lierre –, Vitruve apporte la précision suivante : « 4. Et s’il y a dans ces lieux de tels indices de découverte, on fera l’expérience suivante : on creusera une parcelle d’au moins trois pieds de large sur tous les côtés et cinq pieds de profondeur, et l’on y déposera, vers le coucher du soleil, un vase de bronze ou de plomb, ou encore un bassin. On enduira intérieurement d’huile celui de ces objets dont on disposera, on le placera, renversé, et l’on couvrira le haut de l’excavation avec des roseaux ou du feuillage. Au-dessus on comblera avec de la terre. Puis le lendemain on mettra à découvert, et s’il y a des gouttes et des suintements sur le vase, c’est que l’on aura de l’eau dans cet endroit. »[1]



[1] Vitruve, De l’architecture, Livre VIII, I, 4, texte établi, traduit et commenté par Louis Callebat, Paris, Société d’Edition Les Belles Lettres, 1973, p. 6. Dans un des commentaires sur le texte de Vitruve, Louis Callebat précise que les puits romains étaient « généralement de forme carrée » (p. 185). 

Растенията, които са признак за водоносен терен

След като упоменава някои от растенията такива като тръстиката, Аврамовото дърво, елшата и бръшлянът, чието наличие извън падините, в които се събира дъждовна вода, може да бъде разглеждано като признак за наличие на подземна вода, Витрувий прави следното пояснение : « 4. И ако по тези места се окажат налице упоменатите признаци, ще пристъпим към следния опит : ще направим квадратен изкоп от поне три стъпки ширина и пет стъпки дълбочина, в който към залез слънце ще поставим бронзов или оловен съд или леген. След като намажем с олио вътрешността на съда, с който разполагаме, ще го преобърнем и поставим на дъното на изкопа, чиято горна част ще покрием най-напред с тръстика или суха шума, а после – с пръст. Ако на следващия ден установим, че по повърхността на съда е налице влага и на места са се образували капки, това ще означава, че на това място има вода.  »[1]



[1] Vitruve, De l’architecture, Livre VIII, I, 4, texte établi, traduit et commenté par Louis Callebat, Paris, Société d’Edition Les Belles Lettres, 1973, p. 6. В един от коментарите към текста на Витрувий, Луи Калба уточнява, че римските кладенци « обикновено са били с квадратна форма » (p. 185).

jeudi 31 décembre 2015

La Salle des Bronzes du Musée du Louvre (Salle 32) représente la préhistoire antique de la cloche

Création médiévale par excellence, la cloche rythmait la vie des gens et orientait leurs regards vers le présent et vers le passé pendant plus de mille ans[1].
Si vous visitez La Salle des Bronzes du Musée du Louvre, vous vous rendrez compte que vous êtes au cœur de la préhistoire antique et médiévale de la cloche (IXe siècle av. J.-C. – VIe siècle ap. J.-C.), en face de la polysémie historique du bronze qui est au fond d’un complexe métonymique virtuel, d’un ensemble de métonymies réelles ou virtuelles, connues ou inconnues. Vous vous rendrez compte aussi que les relations historiques entre les différentes formes prises par le bronze constituent des relations historiques de sens et que, dans le silence des formes historiques qui nous sont parvenues, les relations de sens résonnent.
Le bouclier antique était « la coupe d’Arès »[2].
Aussi ne serait-il pas exagéré de dire que toute cette variété d’objets historiques – depuis les statues aux dimensions très différentes jusqu’aux miroirs portés par des statuettes ; depuis les armes et l’armure des hommes qui poursuivaient l’histoire dans tous les temps jusqu’aux bijoux des femmes qui retenaient la même histoire au présent ; depuis les plateaux de la balance jusqu’aux disques devenus support d’écriture officielle ; depuis la cuisine jusqu’à la salle des fêtes et depuis l’eau jusqu’au vin ; oui, toute cette variété que la présente énumération est loin d’être en mesure d’épuiser – faisait partie de la synthèse artisanale, artistique et mentale qui a transformé le bronze antique en cloche médiévale.
Et ce sont les relations entre cette variété symbolique des bronzes de l’Antiquité gréco-romaine – qui, répétons l’essentiel, allait du jour à la nuit et de la vie quotidienne à la vie éternelle – et le texte de l’Évangile selon Jean qui, selon toute vraisemblance, étaient à l’origine de la cloche. Au figuré et sans doute aussi à la lettre, la cloche était l’image de leur fusion protectrice.
« Ensuite, sachant que tout était déjà consommé, et afin que fût pleinement accomplie l’Ecriture, Jésus dit : « J’ai soif. » Il y avait là un vase rempli de vinaigre. Les soldats emplirent donc du vinaigre une éponge qu’ils fixèrent à une tige d’hysope ; ils l’approchèrent de sa bouche » (Jn 19, 28-29). « Ensuite ils s’approchèrent de Jésus. Le voyant déjà mort, ils ne lui rompirent pas les jambes, mais de sa lance, un des soldats lui perça le côté, et il en sortit du sang et de l’eau » (Jn 19, 33-34).
L’architecture du clocher – la forme de la tour – évoque à sa façon l’histoire antique et médiévale du bronze.


[1] Sans les ouvrages de Jacques Le Goff et d’Alain Corbin cités plus haut, la rédaction du fragment que voici n’aurait assurément pas été possible. Il est vrai aussi que blessure est l’un des synonymes de coup et de coupure, et que par le passé la lecture de Louis Althusser a considérablement augmenté ma sensibilité envers les formes pratiques et théoriques de la discontinuité.
[2] « …par exemple, le bouclier, disons-nous, est la coupe d’Arès… », Aristote, Rhétorique, 1413 a, Tome Troisième, Livre III, texte établi et traduit par Médéric Dufour et André Wartelle, Paris, Société d’Editions Les Belles Lettres, 1973, p. 71.